Téléphoner avec son walkman !
Pour un mobile digne de son temps, téléphoner ne suffit plus. Un portable doit aussi savoir prendre des photos, recevoir des courriers électroniques, accueillir un GPS, mais aussi écouter de la musique.Pour Sony Ericsson, cinquième fabriquant mondial, l'essor du téléphone baladeur est l'occasion de redonner vie à une marque déposée, vieille de plus de vingt-cinq ans, dont la seule évocation rappelle une foule de souvenirs : le Walkman, créé en 1979 par Sony et disparu en même temps que l'antique cassette à bande magnétique cédait le pas au tout-numérique.
En réincarnant le Walkman à travers une série de sept combinés téléphone mobile baladeur MP3, la firme suédo-nippone, déjà réputée pour ses portables, s'est forgé en un temps éclair une notoriété record et une crédibilité à toute épreuve dans le domaine audio. Depuis août 2005, ces Walkman d'un genre nouveau ont rencontré un large succès (5,5 millions d'unités diffusées au plan mondial) malgré leur tarif plutôt élevé. Un accueil qui s'explique au moins autant par la notoriété, voire l'aura un tantinet nostalgique, qui flotte autour de leur dénomination que par les qualités intrinsèques de ces objets.
Dernier-né de la gamme, le W810, apparu en avril, tient du couteau suisse. Avec cet instrument au design plutôt élégant - une coque noire à fin liséré orange - et au poids plume - 90 grammes -, il est possible de téléphoner et d'écouter de la musique, mais aussi de prendre des photos, de stocker de courtes séquences vidéo, d'écouter la radio ou encore de consulter ses e-mails. Le Sony Ericsson W810 compense son prix assez salé (autour de 300 euros, hors offre d'abonnement proposée par un opérateur de télécommunications, et à partir de 159 euros chez Orange) par des performances de très bon niveau, quelle que soit la fonction envisagée.
Le baladeur numérique, d'une capacité de 512 Mo, soit l'équivalent de quinze CD musicaux, peut rivaliser avec les meilleurs lecteurs MP3 (il existe en option une extension à 2 Go avec une carte mémoire spéciale), d'autant que les écouteurs stéréo - qui font aussi office de kit mains libres pour le téléphone et d'antenne pour la radio ! - sont d'excellente facture. Un petit haut-parleur intégré à l'appareil permet, le cas échéant, de s'en passer. Si un appel entrant se manifeste pendant que l'on écoute un programme musical, celui-ci s'interrompt automatiquement et reprend automatiquement dès la communication terminée.
Dommage qu'il soit nécessaire d'avoir des doigts de fée pour pianoter à son aise sur les touches du clavier. Quant aux opérations de chargement de la musique à partir d'un ordinateur, elles s'effectuent aisément par l'intermédiaire d'un câble USB, mais on leur reprochera une certaine lenteur.
En transformant ses modèles en supports musicaux - et, bientôt, en micro-téléviseurs -, Sony Ericsson, comme tous les fabricants de téléphones mobiles, vient allégrement piétiner les plates-bandes des marques spécialistes de baladeurs MP3. Celles-ci ne tarderont pas à réagir. Ainsi, on prête à Apple le projet de lancer dans quelques mois un iPodphone. Ce serait de bonne guerre.
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