Le Brésil(Groupe F)
Le Brésil est le grand favori de la prochaine Coupe du monde, pour sa cohésion, ses incroyables ressources techniques et son tempérament de gagneur.
Le Brésil de 2006 est cousin de celui de 2002 sur sa politique générale : un jeu «très risqué en terme d'équilibre attaque-défense, mais assumé, comme l'a reconnu Parreira dans L'Equipe il y a un an. Pour nous, le foot c'est ça : de la joie et de la beauté.» C'est dans ce romantisme et ses extensions technico-tactiques que se trouve peut-être la limite du Brésil. Il lui permet de beaucoup marquer (27 fois sur ses 30 derniers matches) mais ne l'empêche pas d'être vulnérable (17 buts encaissés en 18 matches éliminatoires, 5 en autant de matches de Coupe des confédérations). Parreira, qui s'agace toujours des louanges reçues, le sait. «Nous pratiquons un 4-2-2-2 prenant l'adversaire très haut. (...) La perte du ballon exige chez nous une action immédiate concernant l'occupation d'un certain espace. Si nos quatre attaquants potentiels ne jouent pas la même partition, nous sommes très vulnérables.» Sur les côtés notamment : le premier travail défensif appartient à Kakà et Ronaldinho, deux hommes attirés par l'axe et peu défenseurs dans l'âme. Il revient ensuite à Cafu et Roberto Carlos, deux ailiers de tempérament qui «ne peuvent plus assurer autant de navettes offensives qu'autrefois.»
Collectivement, le Brésil s'est récemment trouvé confronté à de gros problèmes tactiques. Le Japon a failli le sortir de la Coupe des confédérations en profitant des temps de pause dont a forcément besoin une équipe si vivace (2-2). Le Mexique l'a battu (1-0) par un gros travail au milieu de terrain (huit joueurs sur deux rideaux) ayant réussi l'exploit de priver le Brésil de ballons. Un schéma également aperçu à plusieurs reprises en éliminatoires, même face à des équipes moins talenteuses : 0-0 contre la Colombie, 0-1 contre l'Equateur, 0-0 au Paraguay, 1-1 au Chili, en Bolivie, contre le Pérou. L'Argentine en avait aussi profité pour passer un net 3-1. Le Brésil a perdu quatre de ses trente derniers matches (un sur sept) dont un seul sans ses joueurs-cadres. Même s'il joue sa propre partition, Juninho n'a pas tort lorsqu'il dit : «Nous cherchons encore notre équilibre». Il se souvient : «Contre le Mexique, on a beaucoup couru en première mi-temps. Après, on n'a presque plus gagné un seul duel». Le duo Adriano - Ronaldo, tant redouté, n'a par ailleurs que trois matches derrière lui. Il faut ajouter que le gardien de l'AC Milan, Dida, ne fait plus partie des meilleurs à son poste. Sa finale de Ligue des champions 2005 perdue contre Liverpool a encore fragilisé ses prises de balle.

Il faut enfin relever à quel point la réussite joue toujours un rôle dans les grandes victoires. Celle du Brésil en 2002 avait été la composition de son groupe du premier tour. «Turquie, Costa Rica, Chine : on n'avait jamais vu ça, ironise Pelé. Si le Brésil était tombé dans un groupe aussi fort que celui de la France ou l'Argentine, qui sait ce qui lui serait arrivé ? Au lieu de cela, il a pu construire tranquillement une équipe, bien s'entraîner, bien récupérer et monter en puissance sans trop puiser dans ses ressources.» Le but refusé à la Belgique, en huitièmes (2-0), ne le sera pas tous les jours. L'affaire sera différente cette année avec la Croatie (solide équipe qui vient de battre l'Argentine 3-2), la rugueuse Australie de Guus Hiddink, et le Japon de Zico (deux nuls entre les deux équipes dans les années 2000). Plus que son incroyable bagage technique, c'est bien la fraîcheur physique et mentale du Brésil qui fera ou pas la différence. La fraîcheur physique ne sera pas l'alliée de tout le monde : Ronaldinho, Kakà, Edmilson, Gilberto Silva, Robinho, Adriano sont à bloc cette saison. «La fatigue disparaît si le mental est bon, tempère Parreira, qui n'avait pas de mot assez fort pour louer celui de son équipe à la Coupe des confédérations 2005. Pour moi, tous les pronostics ne servent à rien. En 2002, personne n'avait parié sur nous.» Le Brésil aime être outsider.
Le Brésil de 2006 est cousin de celui de 2002 sur sa politique générale : un jeu «très risqué en terme d'équilibre attaque-défense, mais assumé, comme l'a reconnu Parreira dans L'Equipe il y a un an. Pour nous, le foot c'est ça : de la joie et de la beauté.» C'est dans ce romantisme et ses extensions technico-tactiques que se trouve peut-être la limite du Brésil. Il lui permet de beaucoup marquer (27 fois sur ses 30 derniers matches) mais ne l'empêche pas d'être vulnérable (17 buts encaissés en 18 matches éliminatoires, 5 en autant de matches de Coupe des confédérations). Parreira, qui s'agace toujours des louanges reçues, le sait. «Nous pratiquons un 4-2-2-2 prenant l'adversaire très haut. (...) La perte du ballon exige chez nous une action immédiate concernant l'occupation d'un certain espace. Si nos quatre attaquants potentiels ne jouent pas la même partition, nous sommes très vulnérables.» Sur les côtés notamment : le premier travail défensif appartient à Kakà et Ronaldinho, deux hommes attirés par l'axe et peu défenseurs dans l'âme. Il revient ensuite à Cafu et Roberto Carlos, deux ailiers de tempérament qui «ne peuvent plus assurer autant de navettes offensives qu'autrefois.»Collectivement, le Brésil s'est récemment trouvé confronté à de gros problèmes tactiques. Le Japon a failli le sortir de la Coupe des confédérations en profitant des temps de pause dont a forcément besoin une équipe si vivace (2-2). Le Mexique l'a battu (1-0) par un gros travail au milieu de terrain (huit joueurs sur deux rideaux) ayant réussi l'exploit de priver le Brésil de ballons. Un schéma également aperçu à plusieurs reprises en éliminatoires, même face à des équipes moins talenteuses : 0-0 contre la Colombie, 0-1 contre l'Equateur, 0-0 au Paraguay, 1-1 au Chili, en Bolivie, contre le Pérou. L'Argentine en avait aussi profité pour passer un net 3-1. Le Brésil a perdu quatre de ses trente derniers matches (un sur sept) dont un seul sans ses joueurs-cadres. Même s'il joue sa propre partition, Juninho n'a pas tort lorsqu'il dit : «Nous cherchons encore notre équilibre». Il se souvient : «Contre le Mexique, on a beaucoup couru en première mi-temps. Après, on n'a presque plus gagné un seul duel». Le duo Adriano - Ronaldo, tant redouté, n'a par ailleurs que trois matches derrière lui. Il faut ajouter que le gardien de l'AC Milan, Dida, ne fait plus partie des meilleurs à son poste. Sa finale de Ligue des champions 2005 perdue contre Liverpool a encore fragilisé ses prises de balle.
Il faut enfin relever à quel point la réussite joue toujours un rôle dans les grandes victoires. Celle du Brésil en 2002 avait été la composition de son groupe du premier tour. «Turquie, Costa Rica, Chine : on n'avait jamais vu ça, ironise Pelé. Si le Brésil était tombé dans un groupe aussi fort que celui de la France ou l'Argentine, qui sait ce qui lui serait arrivé ? Au lieu de cela, il a pu construire tranquillement une équipe, bien s'entraîner, bien récupérer et monter en puissance sans trop puiser dans ses ressources.» Le but refusé à la Belgique, en huitièmes (2-0), ne le sera pas tous les jours. L'affaire sera différente cette année avec la Croatie (solide équipe qui vient de battre l'Argentine 3-2), la rugueuse Australie de Guus Hiddink, et le Japon de Zico (deux nuls entre les deux équipes dans les années 2000). Plus que son incroyable bagage technique, c'est bien la fraîcheur physique et mentale du Brésil qui fera ou pas la différence. La fraîcheur physique ne sera pas l'alliée de tout le monde : Ronaldinho, Kakà, Edmilson, Gilberto Silva, Robinho, Adriano sont à bloc cette saison. «La fatigue disparaît si le mental est bon, tempère Parreira, qui n'avait pas de mot assez fort pour louer celui de son équipe à la Coupe des confédérations 2005. Pour moi, tous les pronostics ne servent à rien. En 2002, personne n'avait parié sur nous.» Le Brésil aime être outsider.
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