Trinidad et Tobago (Groupe B)
Plus petit pays qualifié pour le tournoi, Trinité-et-Tobago, emmené par Leo Beenhakker, ira en Allemagne sans pression. L'euphorie collective ferait presque oublier la lourde tâche à venir contre le voisin anglais.

Une victoire face à Bahreïn laisserait de marbre la plupart des supporters. Pourtant, le succès décroché à l'arraché (1-0) en barrage retour (1-1 à l'aller), a fait chavirer les deux îles caribéennes de Trinité-et-Tobago, le 16 novembre dernier. Pour marquer l'événement, le gros million habitant (1,3), plus habitués à suivre les exploits du sprinteur Ato Boldon ou de l'équipe de cricket, ont eu droit à un jour de congé national. «Se qualifier pour la Coupe du monde, c'est comme gagner la plus difficile des compétitions» résume Dwight Yorke, capitaine des Soca Warriors et vainqueur de la Ligue des Champions avec Manchester en 1999. Sans aucune expérience à ce niveau, les Trinitéens naviguent, depuis, entre l'euphorie et la crainte de faire de la figuration en Allemagne, huit ans après les Reggae Boys de Jamaïque.
Si toute aventure doit avoir un héros, le sélectionneur Leo Beenhakker sera celui des Rouge et Noir. En avril 2005, l'ancien entraîneur de l'Ajax Amsterdam et du Real Madrid a pris en main une équipe moribonde, à la dernière place du tour final de la zone Concacaf. Secondé par le vétéran Russel Latapy, joker de luxe et entraîneur assistant, le Néerlandais a bâti une équipe confiante équilibrée entre expatriés et joueurs du cru. Résultat : une quatrième place inespérée décrochée grâce à quatre victoires. En point d'orgue, un succès face au géant mexicain (2-1). «Depuis qu'il est arrivé, nous sommes une nouvelle équipe, plus organisée, plus disciplinée», a expliqué l'attaquant Scott Sealy.
En Allemagne, les Trinitéens auront droit à un duel particulier face à l'Angleterre, l'ancien pays colon où évoluent nombre d'internationaux. La majorité des Soca Warriors évoluent en deuxième, voire troisième division.